Après 9h passées dans un fort confortable train de nuit, la HP et la maîtrise arrivèrent à la gare des Arcs Draguignan à 7h10 le lundi 26 Avril. Le jour n'était pas levé depuis si longtemps que déjà le soleil faisait son œuvre.
La Haute Patrouille se mit alors en route à travers la campagne provençale. La quinzaine de kilomètres fut vite avalée et nous arrivâmes sous une forte chaleur dans la vieille ville de Lorgues. Là nous attendait un grand presbytère desservi par l'Abbé Menjot.
A la suite d'une sieste réparatrice, la HP enchaina avec une visite de l'impressionnant clocher et la sonnerie des cloches que certains attendent encore, la préparation d'un topo blanc, des installations de cet été, un service pour l'abbé, une visite de l'église etc.
Le dîner en compagnie de l'abbé Menjot fut des plus sympathiques (une nappe s'en souvient encore). La soirée se termina par un topo de l'abbé nous parlant de très nombreuses choses...
Après notre première vraie nuit réparatrice depuis 2 jours, nous partîmes après avoir assisté à la Sainte Messe, en direction de Saint Antonin du Thoronet ou l'Abbé après nous avoir fait visité la 2ème église des 3 qu'il désert, nous quitta pour rejoindre son apostolat. Quelques kilomètres plus loin, arrivés à Entrecasteaux, après avoir eu l'impression pendant quelques minutes de traverser une ville fantôme, nous eûmes la mauvaise surprise de voir les quelques commerces fermés... Les estomacs ne criants pas encore forcément famine (et n'ayant de toute façon pas le choix), la route fût ensuite reprise après un frugal goûter qui nous permît de tenir bon jusqu'à la belle ville de Cotignac.
Après un ravitaillement assuré avec succès par la maîtrise, les scouts, intrigués par les habitants de Cotignac, quittèrent à regret la ville pour monter au sanctuaire Notre Dame de Grâces. La Vierge Marie est y apparue avec l'Enfant Jésus en 1519, entourée de l'archange Saint-Michel et de Saint-Bernard. Un siècle plus tard, en 1660, saint Joseph se manifestait sur le mont Bessillon. La Vierge Marie invitait à venir en procession pour recevoir les grâces qu'elle veut donner à Cotignac. Nous fûmes ce soir là hébergés par la communauté Saint Jean.
Le lendemain, après un topo d'un frère de St Jean, HP et maîtrise suivirent le chemin de cailloux blancs long de 3 ou 4 kilomètres reliant les 2 sanctuaires, Notre Dame de Grâces au Monastère Saint Joseph. Après cette nouvelle halte spirituelle, les HP de chaque patrouilles partirent séparément suivant les coteaux pierreux, arides, sec et déserts du mont Bessillon. Certains mirent 2 heures, la majorité 3 heures et demi, d'autres encore toute la journée, explorant de fond en comble, pierre par pierre le Mont Bessillon et ses alentours. La chaleur allait crescendo et les gourdes se vidaient. La pause déjeuner à Barjols fût accueillie avec réconfort par les survivants des HP, certains assurant même avoir croisés des squelettes de braves gens mort de soif sur les pentes du mont (cela restant néanmoins à démontrer). La marche reprit ensuite, suivant le tracé d'une ancienne voie de chemin de fer jusqu' à Varages. Les HP, malgré la dure fatigue se faisant sentir, en profitèrent pour vivre intensément ce moment privilégié ou il évoluaient seuls entre CP et Second.
En fin d'après midi, la route paraissait encore interminable et la longue marche allait faire sortir les HP des cartes dont ils disposaient. Marchant encore et toujours, la Maîtrise ayant cette après midi une voiture à sa disposition pû les avancer afin que l'horaire de la messe soit respecté. La messe eut alors lieu dans la Chapelle Notre Dame de Santé, célébré par l'abbé Siekiera. L'arrivé au château Notre Dame fut une vraie joie pour tous. La nuit étoilée accueillit avec bienveillance la prière de fin de journée de la HP au sommet de la tour.
Le lendemain, nous avions rendez-vous avec une autre grosse étape de notre route: la Verdière-Jouques, 35 kilomètres, bien peu de chose face à la journée précédente. Mais les organismes avaient déjà été mis à rude épreuves. La marche de la matinée se passa dans une forêt bien maigre, aux arbres tordus, affaiblis par le soleil et à la terre couleur de feu.
L'ancienne voie de chemin de fer transformée en agréable chemin fût ensuite vite retrouvée... Le soleil tapait, les kilomètres aussi. Déjà 30°. Rians approchait, mais paraissait encore bien loin. La halte déjeuner, Rians, fut enfin atteinte. Mais la route nous appelait de plus belle et notre heure de marche solitaire quotidienne, plus propice à la réflexion, reprit, sur un chemin ressemblant à un four.
Les kilomètres défilaient et l'arrivée à l'abbaye Notre Dame de Fidélité de Jouques fut ressentie avec la joie d'avoir fait quelques chose de difficile, d'avoir vécu un moment fort en HP. Le soleil était alors déjà presque couché. Les murs de pierre du monastère baignaient presque sous les lueurs blanches de la lune. Une sœur accueillit avec gentillesse les pauvres pèlerins fatigués que nous étions alors et nous indiqua notre logis pour la nuit : un petit jardin sous la voûte étoilée. La nuit fut des plus courtes et le lever nous cueillit fraichement à 5h50 du matin afin de nous permettre de parcourir les 5 derniers kilomètres qui nous amèneraient à l'arrêt de bus pour la gare d'Aix TGV.
Ce camp fût pour la HP et la maitrise l'occasion de se recentrer sur ces responsabilités, de renforcer les liens d'amitiés qui nous unissent et d'approfondir notre relation avec Dieu par des temps de marche, seuls sur la route, les différents topos etc. Il restera dans les esprits de tous les membres de la HP comme un moment fort de cette année.
Terminons par cette belle citation de Jean de la Varende que les HP comprendront bien après cette semaine: "La belle route ! La chère route ! Vertigineuse amie, promesse immense ! Brèche fabuleuse, déroulement sans fin, miracle de solitude et d’évasion, arche sublime lancée vers l’azur. Qui n’a pas vu cette route à l’aube, entre ces deux rangées d’arbre, marchant pleine de vie, ne sait pas ce qu’est l’espérance."

